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Le Parc National de la Bénoué est situé entre 7°55 et 8°40 de latitude Nord et entre 13°33 et 14°04 de longitude Est. Administrativement, il est situé dans le Département du Mayo Rey. Localisé au cœur du site prioritaire du projet de conservation et de gestion de la biodiversité au Cameroun constitué de trois Parcs Nationaux et 28 zones d’intérêts cynégétique, ce parc couvre une superficie de 180 000 ha et est limité :
- Au Nord par les cours des mayo Ladé et Laindelaol ;
- Au Sud par le cours du Mayo Dzoro ;
- A l’Ouest par le cours du fleuve Bénoué ;
- A l’Ouest par la nationale n°1Garoua-Ngaoundéré.

La zone périphérique est attenante à huit Zones d’Intérêt Cynégétique (ZIC) amodié à des guides de chasse sportive. Les limites des ZIC sont définies par Arrêté N°0580/A/MINEF/DFAP/SDF/SRC du 27 Août 1998. Il s’agit :
- A l’Ouest : des ZIC N°4 (dite du Bel Elan, 40 640 ha), N°1 (dite Sakdjé, 39 552ha) et N°5 (dite des Cobas, 85 120 ha) ;
- Au Nord : de la ZIC N°7 (dite des Eléphants, 97 920 ha) ;
- A l’Est : des ZIC N°9 (dite du Grand Capitaine, 50 072 ha), n° 3 (dite Mayo Oldiri,55 328 ha) et n°2 (dite Bandjoukri, 75 648 ha) ;
- Au Sud : de la ZIC n°15 (dite Faro Coron, 76 128 ha).
L’ensemble couvre une superficie totale de 730 408 hectares (dont 180 000 pour le Parc). Le site a été géré comme réserve de faune de la Bénoué entre 1932 et 1968. Il a été érigé en Parc National en 1968. Depuis 1981 le PNB a été inscrit par l’UNESCO sur la liste des réserves de biosphère. Les huit zones d’intérêt cynégétique qui jouxtent le Parc sont aussi des aires protégées gérées en affermage ou en régie, vouées à la protection et à l’exploitation de la faune par la chasse moyennant le payement de droits sous le contrôle du Conservateur. L’importance internationale reconnue à cette zone pour la conservation tient à la forte présence de population de grand mammifère, notamment de grandes antilopes et des espèces d’importance écologique ou économique comme le lycaon, l’éléphant, l’éland de Derby et l’hippopotame. Plus d’une trentaine d’espèces de grands mammifères diurnes, 306 espèces d’oiseaux, 668 espèces floristiques et 15 formations végétales ont été inventoriées dans le PNB. Cette diversité combinée aux autres valeurs telles que la conservation des sols, la recréation justifie la nécessité de conserver et de bien gérer cette zone. La contribution de la faune et la flore dans l’économie locale et nationale est très significative en raison d’importantes activités de tourisme. De plus cette aire est un réservoir de produits forestiers non ligneux pour les populations riveraines. Cependant la croissance démographique a induit des menaces fortes sur les ressources, notamment le braconnage commercial, la fragmentation des habitats fauniques et des paysages par l’installation des exploitations agricoles et l’approvisionnement en bois de feu, l’orpaillage, le surpâturage et la pêche aux pesticides, etc. L’exclusion des populations de la gestion des aires protégées avait accentué le développement des activités illégales et l’hostilité des populations locales envers les agents des Eaux et Forêts et des guides professionnels de chasse. L’absence de compensation en cas de dégâts de la faune sur les cultures vient renforcer ce sentiment d’hostilité. Aux côtés de ces problèmes, l’insuffisance des infrastructures, le sous équipement des services de la conservation, la faiblesse juridique et institutionnelle, le manque de connaissance scientifique base sur les ressources du Parc et l’absence de coordination des divers intervenants dans la région constituent d’autres contraintes majeures à la gestion durable des ressources du PNB et sa zone périphérique. C’est dans cette optique que se sont inscrites les actions du Programme de Conservation et de Gestion de la Biodiversité au Cameroun (PCGBC), site savane, dont l’une des finalités était l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’aménagement de cette aire de conservation. L’objectif de ce plan d’aménagement est de sauvegarder la biodiversité de la zone et instaurer un cadre de gestion des ressources naturelles susceptibles d’assurer des retombées économiques garantes de la durabilité de ces ressources. Cinq programmes incluant la gestion interne, la protection & la conservation, la gestion participative, le développement touristique et la recherche & suivi, ont été élaborés avec des objectifs spécifiques. Le zonage est un des préalables à ces mesures d’aménagement. La mise en œuvre de ce plan était sous-tendue par cinq grands programmes ci-dessus et décrits comme suit :
- Le programme de gestion interne vise entre autre le renforcement des structures de gestion en personnel qualifié, en équipement et en infrastructures adéquats et en mécanisme de gestion administrative et financière appropriée, la réorganisation administrative du Parc pour y inclure trois (3) assistants au Conservateur chargés de la protection, de la gestion participative & développement touristique, de la recherche & suivi respectivement pour contribuer significativement à améliorer l’efficacité sur le terrain, les besoins en équipements pour les infrastructures existantes ou prévues incluant les logements du personnel, le matériel de bureau, de camping, de recherche, de communication, de transport et de maintenance, les armes & munitions et les équipements pour les gardes, la réfection des campements touristiques existants, l’ouverture des pistes et la signalisation.
- Le programme de conservation a pour objectif de protéger les populations animales et végétales dans une perspective d’utilisation durable. Les principales activités concernent : l’élaboration d’un règlement intérieur régissant l’accès aux ressources naturelles, la maintenance des limites des différentes zones identifiées, la protection des milieux naturels, la lutte contre le braconnage, l’exécution du plan de gestion des feux et le contrôle des activités de chasse dans les ZICs.
- Le programme de gestion participative est conçu pour impliquer les utilisateurs à la périphérie du Parc afin de concilier les impératifs de conservation à ceux du développement social et économique local. L’objectif poursuit est de gérer durablement les ressources du PNB à des efforts conjoints MINFOF et ses partenaires au développement, des population locales et des opérateurs économiques et assurer que les revenus générés par la conservation contribuent au développement local. Les axes à entreprendre sont :la mise en place des institutions locales de gestion et de participation ; la définition des terroirs villageois ; la maîtrise de la migration ; l’animation des comités villageois pour la protection de la faune ; la mise en œuvre du processus de cogestion ;le développement de mécanisme de partage des revenus générés par la faune et des activités d’éco développement ; l’éducation et la sensibilisation des populations locales ; la vulgarisation et le suivi de l’application des cahiers de charge et autres conventions.
- Le programme de développement touristique mis sur pied vise la promotion d’un tourisme durable dans la région. Les action à mener concernent : la diversification de l’offre touristique (développement des circuits touristiques, inventaire et aménagement des sites et attraction d’écotourisme) ; la promotion du tourisme par le biais des mass média (fiches dépliants radio, télévision, Internet, affiches, etc.) et l’éducation environnementale ainsi que la coordination des activités de tourisme dans la région.
- Le programme de suivi continu des ressources du PNB vise la conduite d’un minimum d’études de base avant toute décision de gestion. Par ailleurs, la mise en place d’une base de données et d’un système informatique géographique permet l’intégration des données collectées sur le terrain dans un système qui maximisera leur utilisation dans une gestion effective des ressources. Les thèmes prioritaires de recherche retenus étaient les suivants : la dynamique des populations ; l’écologie et la dynamique des espèces menacées ; le suivi écologique ; les interactions homme – ressources naturelles ; la dynamique paysanne et le système de gestion communautaire.
Ce plan d’aménagement a fait l’objet d’une évaluation en 2009, avec des résultats mitigés. Sa révision est prévue pour l’année 2011. La question des déplacés climatiques (migrants) venues de la Région de l’Extrême Nord y sera débattue. |